Crackers & Politique

 

par florence guernalec

Les violences urbaines - Les mots du ministre de l’Intérieur
Nicolas Sarkozy a visé juste
publiÉ le 13 novembre 2005
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Nicolas Sarkozy aurait mis « de l’huile sur le feu », ses propos auraient été la « goutte d’eau qui a fait déborder le vase » et auraient provoqué les violences urbaines qui secouent la France. Ridicule. Que reproche-t-on au ministre de l’Intérieur ? Essentiellement deux mots : en juin dernier, Nicolas Sarkozy a prononcé l’expression « nettoyer au Kärcher » hors caméras et hors micros devant la famille de Sidi Ahmed, mort à 11 ans à cause d’une balle perdue, et le maire communiste de la Courneuve. Ce dernier s’est empressé de rapporter les propos de Nicolas Sarkozy aux médias qui ont monté l’affaire en épingle et dénoncé les dérapages intolérables d’un ministre de la République. Puis, le 25 octobre dernier lors de sa visite à Argenteuil, Nicolas Sarkozy prononce devant les caméras et des habitants de la cité, le mot « racaille ». Mais les journalistes ne disent pas que le ministre de l’Intérieur répondait à une femme qui l’interpellait justement sur la « racaille » du quartier. Les paroles de la femme n’ont pas été rapportées comme l’a montré l’émission Arrêt sur image du 6 novembre pas plus que les discussions de Nicolas Sarkozy avec les jeunes du quartier venus lui parler calmement. Le 27 octobre, deux jeunes meurent électrocutés à Clichy-sous-Bois. Il s’agit d’un accident, cependant personne ne prononce le mot et tout le monde échafaude des scénarios où la police fait figure de coupable idéal. Les premières émeutes éclatent puis s’étendent à plusieurs villes de Seine-Saint-Denis avant de toucher la province. Les jeunes comme les médias tiennent exactement le même discours anti-Sarkozy : s’ils se révoltent c’est à cause des propos tenus par le ministre de l’Intérieur, celui-ci a insulté les jeunes. Certains disent même que le ministre de l’Intérieur est un raciste car il a insulté les noirs et les maghrébins… Or, les personnes honnêtes savent que le ministre de l’Intérieur n’a jamais traité les jeunes de « racaille » et n’a jamais laissé entendre que les cités étaient si sales et ses habitants si basanés qu’il fallait les nettoyer au Kärcher.

Au demeurant, Nicolas Sarkozy a eu parfaitement raison de persister et signer dans l’émission A vous de juger du 10 novembre dernier et de traiter de racaille des racailles parce qu’il est essentiel d’appeler un chat, un chat : le ministre de l’Intérieur visait ceux qui vivent de petits trafics et leurs subordonnés qui ont fait des cités des zones de non-droit où les honnêtes gens ont peur d’y vivre ou d’y pénétrer. Cette « caillera » comme ils s’appellent eux-mêmes, est en général bien connue des services de police et des habitants des cités. Elle s’attaque indifféremment aux personnes qui habitent le quartier, aux policiers, aux pompiers, aux chauffeurs de bus, aux professeurs, aux médecins, aux journalistes… Si l’habitante d’Argenteuil a parlé de « racaille », c’est parce que ce mot désigne parfaitement les petits caïds des cités. Les mots « voyou » ou « délinquant » ne sont plus adaptés à décrire le comportement de ces petits monstres. Dans le Monde du 13 juin 2002, Malek Boutih, alors président de SOS Racisme, emploie d’ailleurs la même expression : « il faut remettre au boulot » la police, « Le plus grand nombre de bavures n’est plus son fait, c’est la racaille qui tue le plus dans les cités ». Malek Boutih va même plus loin puisqu’il traite ces jeunes de « barbares des cités » : « il n’y a plus à tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contrôle des territoires qui leur ont été abandonnés par des élus en mal de tranquillité ». Malek Boutih décrit même la bonne ambiance qui règne dans ces cités : « cinq mille gangsters terrorisent les quartiers, violent les filles en tournantes, cament leurs petits frères jusqu’à l’os, s’équipent en armes de guerre et tiennent chambres de torture dans les caves ». Et Malek Boutih qui est actuellement secrétaire national du Parti socialiste, avait conclu à l’époque : « aujourd’hui, soit on reprend le contrôle des cités, soit on bascule dans la grande délinquance ».

C’est un fait Nicolas Sarkozy dérange et n’a jamais autant dérangé ses adversaires : son insolente côte dans les sondages irrite à droite, à gauche et au centre. Les médias anti-Sarkozy attendent ses faux pas et les inventent au besoin. Les caïds des banlieues veulent s’en débarrasser au plus vite, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre pourquoi : après la mort de Sidi Ahmed le 23 juin dernier, Nicolas Sarkozy promet aux habitants de la Courneuve de les débarrasser des bandes armées et des caïds qui tiennent la cité. Dès le lendemain de sa visite, des dizaines de policiers, de CRS, d'officiers de la PJ et d'hommes du Raid débarquent à la cité des 4000 pour trouver des armes, de la drogue et arrêter leurs propriétaires... Ils repartent bredouille mais l’opération marque les esprits. Pour la racaille des quartiers, Nicolas Sarkozy est allé trop loin, le ministre de l’Intérieur a déclaré la guerre aux caïds. Ces derniers vont lui préparer un comité d’accueil à Argenteuil le 25 octobre : des projectiles volent en sa direction. Puis deux jours plus tard, une guérilla urbaine se déclenche. Alors qu’officiellement, les jeunes de Clichy-sous-Bois sont révoltés par la mort de Ziad et Bouna dans un transformateur EDF, ils réclament la tête du ministre de l’Intérieur non pas parce que celui-ci les aurait insulté comme ils le prétendent ou comme le racontent les journalistes mais simplement parce que Nicolas Sarkozy a donné un coup de pied dans la fourmilière. Comment ne pas voir les cailloux lancés en direction de Nicolas Sarkozy à Argenteuil comme un avertissement et une invitation à cesser d’empiéter sur leur territoire ? Qui sont les pompiers pyromanes ? Nicolas Sarkozy ou les médias qui font de la désinformation, mettent en vedette dans leurs reportages la racaille et se font leurs avocats ? Qui sont les pompiers pyromanes ? Le ministre de l’Intérieur ou la classe politique qui critique à mots couverts les propos du président de l’UMP et donne implicitement raison aux casseurs ? Qui sont les pompiers pyromanes ? Nicolas Sarkozy ou le Premier ministre qui promet encore plus de sous à ceux qui viennent de brûler l’école ou le gymnase du quartier et les incitent ainsi à continuer pour obtenir plus ? La France a le grand bonheur de compter des journalistes malhonnêtes et une classe politique, irresponsable.

florence guernalec

 

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