Crackers & Politique

 

par florence guernalec

Le Congrès du Parti socialiste
Il faut sauver le soldat Bockel
publiÉ le 30 octobre 2005
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Saint-Augustin tentait au moyen-âge de concilier la foi et la raison ; Jean-Marie Bockel tente de rapprocher le socialisme du libéralisme. Une position intenable. L'intitulé de sa motion - « Pour un socialisme libéral » - prête même à sourire mais son projet est en réalité habile : le sénateur du Haut-Rhin cherche à convertir ses amis socialistes au réalisme, et aux vertus de la liberté, de la responsabilité et de la culture du résultat. Jean-Marie Bockel se veut pragmatique et dit vouloir « regarder le monde en face ». Contre lui, le Nouveau Parti socialiste, Utopia, François Hollande et Laurent Fabius, autrement dit la gauche de papa qui patauge dans la vase du socialisme et qui cherche à séduire par son mieux-disant social. Le 9 novembre, les militants auront à choisir entre la passé et l'avenir puisqu'ils seront amenés à voter pour l'une des cinq motions avant le Congrès du PS qui validera la ligne du parti pour 2007.

La motion de Jean-Marie Bockel est la seule à tirer les leçons du passé : « Rien ne fonde les appels à une politique anticapitaliste et antilibérale, rien ne justifie la nécessité d’un prétendu "coup de barre à gauche". Où voit-on d’ailleurs, au-delà de nos frontières, que le choix d’un Etat centralisateur, dirigiste et égalitaire, garantisse le succès économique, le renouveau du modèle social et la vitalité démocratique ?  ». Jean-Marie Bockel reconnaît la prépondérance de l'économie dans l'évolution de nos sociétés : « Il serait temps, pour nous socialistes, de comprendre qu’il n’y a pas de progrès social effectif et durable sans réussite économique ».

La motion de Jean-Marie Bockel est la seule à défendre le libéralisme économique et en particulier le rôle du marché : « Nous reconnaissons la valeur de la concurrence comme source irremplaçable du dynamisme et de l’innovation dont nos sociétés ont besoin ». Jean-Marie Bockel défend la « fluidité du marché du travail » qui dynamise le marché de l’emploi et reconnaît que la complexité de la réglementation peut être un frein à l'embauche. Le sénateur PS a le souci de maintenir un environnement favorable à l'activité des entreprises : conscient qu’il existe une concurrence fiscale entre les pays, Jean-Marie Bockel défend une baisse des prélèvements obligatoires et en particulier de l’impôt sur les sociétés.

La motion de Jean-Marie Bockel est la seule à remettre en cause l'Etat providence : «  S’il est légitime que l’Etat soit l’acteur exclusif des fonctions régaliennes qui lui incombent, il en va autrement pour les services qui possèdent un caractère marchand et donnent lieu à une possible concurrence » . Le sénateur PS préconise une culture du résultat pour l’Etat et les services publics : il défend une généralisation des contrats d’objectifs et de résultats, une évaluation des fonctionnaires fondée sur la performance et le mériteet une baisse des effectifs de la fonction publique. Jean-Marie Bockel soutient une plus grande autonomie des hôpitaux, des écoles et des universités, et une évaluation des établissements. Il souhaite des enseignants rémunérés au mérite et aux résultats plutôt qu’à l’ancienneté.

La motion de Jean-Marie Bockel est la seule à remettre en cause l’égalitarisme qui a prévalu jusqu’ici dans les politiques sociales : « On ne peut plus se limiter à une distribution de prestations égales à des bénéficiaires fortement inégaux en termes de revenu, statut, de patrimoine culturel, de santé, d’espérance de vie ». Jean-Marie Bockel défend une « logique de concentration » des moyens au lieu du saupoudrage actuel. Le sénateur ne tombe pas dans l'angélisme, il n'exempte par les parents de leurs responsabilités : Jean-Marie Bockel propose de « mettre sous tutelle les prestations familiales lorsqu’un manquement caractérisé et volontaire aux obligations parentales est constaté ».

La motion de Jean-Marie Bockel est la seule à faire la promotion de l'ordre républicain et de la discipline : il veut notamment renforcer la lutte contre l‘absentéisme à l’école et sanctionner la violence verbale. Il reconnaît que « la sécurité est la première des libertés pour les citoyens et la première des responsabilités incombant à la puissance publique » et propose de lutter contre l’insécurité. Il préconise une immigration maîtrisée, choisie, et de lutter sans faiblir contre l’immigration irrégulière.

Jean-Marie Bockel a plus de points communs avec Nicolas Sarkozy qu’avec ses amis socialistes. Son diagnostic est juste et ses propositions, de bon sens. Sa motion est surtout la seule sérieuse des cinq et pourtant elle n’a aucune chance d’arriver en tête lors du vote des militants du 9 novembre prochain : toute l’attention est focalisée sur les motions des frères ennemis François Hollande et Laurent Fabius qui représentent chacune une fraction d’un passé que l’on croyait mort et enterré, Fabius incarnant la gauche Mauroy des années utopiques 81-83 et Hollande, la gauche Fabius des années gestionnaires 84-86 ! Bockel l’hérétique est la seule chance du PS de sortir de sa médiocrité. C'est pourquoi il faut à tout prix sauver le soldat Bockel, seul représentant d’une gauche moderne qui existe partout en Europe mais n’arrive toujours pas à émerger en France à cause d’une absence de pragmatisme et de réalisme des éléphants du PS. Il appartient aux militants de cesser leurs enfantillages altermondialistes, de cesser de s’enivrer de leurs mensonges et de leurs lâchetés. Les adhérents vont avoir une occasion unique pendant ce Congrès de montrer qu'ils ont grandi et qu'ils sont capables de se confronter à la réalité.

florence guernalec



Sources :

- "Pour un socialisme libéral", motion présentée par Jean-Marie Bockel
- "Socialistes Pour réussir à gauche", motion présentée par François Hollande
- "Rassembler à gauche", motion présentée par Laurent Fabius
- Motion présentée par Utopia
- Pour une alternative socialiste, motion présentée par le Nouveau parti socialiste

 


 

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