Crackers & Médias

 

par florence guernalec

Le surendettement des époux Cartier
Quand les médias se prennent pour l’Abbé Pierre

publiÉ le 23 octobre 2005
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Vingt-et-un crédits à la consommation, quinze cartes magnétiques, onze comptes. Les époux Cartier ont usé et abusé des facilités d’emprunt offertes par les Cora, Kangourou, Codefi, Cofidis, Sofinco, Cetelem… Résultat, 250 000 euros de dettes accumulées. Le couple ne pouvant plus faire face à ses créanciers, décide en août 2002 d’en finir et d’empoisonner ses cinq enfants à l’insuline. Seule Alicia, 11 ans, ne réchappe pas à ce massacre programmé. Les Cartier dépensaient sans compter pour des futilités : télévision pour chaque enfant, trois consoles de jeux vidéo, ordinateur, cheminée haut de gamme, électroménager dernier cri…. Dans le 7-9, France-Inter parle du « drame du surendettement » quand il ne s’agit en réalité que de l’immaturité d’un couple qui croyait que le bonheur s’achète au supermarché. Il est malhonnête et déplacé de mettre sur le même plan ce fait divers et le vrai surendettement qui est subi et survient à la suite d’un ou plusieurs « accidents de la vie » comme la perte d’un emploi, un divorce, une longue maladie... Le cas des époux Cartier est tout autre : nul événement n’est venu perturber les finances du couple qui gagne quand même 2600 euros par mois à eux deux sans compter les allocations familiales. Les amalgames des journalistes dédouanent les parents de leurs responsabilités et occultent le problème des vrais surendettés

Le 20 octobre dernier, le père a été comdamné à une peine de quinze ans de réclusion et la mère à dix ans, une peine qui a été assortie de la déchéance totale de leur autorité parentale. France Inter explique qu’il manquait dans le box des accusés, les organismes de crédit. Les journalistes oublient délibérement de dire que si les époux Cartier ont pu obtenir tant d’argent, c’est parce qu’ils ont menti à ces organismes en déclarant qu’ils n’avaient pas contracté d’autres crédits. Les journalistes oublient délibérément de dire que le couple Cartier savait parfaitement qu’il ne pourrait pas rembourser ses dettes mais il a quand même continué à emprunter. Les journalistes oublient délibérément de dire que faute d’un fichier national qui recense les encours de crédit des ménages, les organismes incriminés ne peuvent vérifier la solvabilité de leurs clients, une faille que les Cartier ont très bien exploitée. Le contrôle se fait hélas a posteriori par le Fichier national des incidents de remboursements des crédits de particuliers (FICP). Accuser les organismes de crédit, et en particulier leurs politiques marketing agressives, c’est oublier que les Cartier ont accepté en toute connaissance de cause de tomber dans la spirale du crédit facile et que ces organismes n’ont aucun intérêt à prêter de l’argent à des personnes qui ne peuvent pas rembourser. D’ailleurs, le taux de refus est, en moyenne, de 60 % pour le crédit renouvelable.Et les créances non recouvrées représentent moins de 2 % de l'encours.

Les journalistes se croient aujourd’hui investis d’une mission sociale et ont abandonné toute ambition d’informer les citoyens. Ils mélangent de la même façon l’incendie de l’immeuble du boulevard Vincent Auriol et celui de la rue du Roi-Doré à Paris. Dans le deuxième cas, il s’agissait d’un immeuble squatté, autrement dit occupé illégalement, qui n’avait pas vocation à être habité : si cela avait été le cas, le propriétaire se serait évidemment empressé de le louer pour en tirer un profit. Les immeubles vides sont destinés à être rénovés ou à être démolis. Exiger comme le font les journalistes qu’un immeuble occupé sans aucune autorisation et gratuitement, ait le même degré de confort et de sécurité qu’un immeuble loué, est une aberration. On dénote le même manque de discernement à propos de ces femmes bulgares qui vendent leurs bébés : elles font croire à des journalistes désireux d’entendre ce genre de discours que c’est la misère qui les a poussées à abandonner leur enfant alors que toutes les enquêtes de police montrent que c’est un business. A force de se prendre pour l’abbé Pierre et de vouloir dénoncer les « injustices » de notre temps, les journalistes mélangent les victimes et les coupables et font de la désinformation à la chaîne.

florence guernalec


 

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