Prise en otage du PDG, détournement d’un bateau, tir de roquette contre la préfecture d’Ajaccio, dégradation de biens publics et privés, agression d’un policier, blocus des ports et aéroports… Le chantage, la violence voire la terreur font partie de la panoplie du parfait syndicaliste français. Cette année, la CGT et le STC ont décroché la palme de l’endurance et de l’imagination avec le conflit à la SNCM. Depuis des années, ces syndicats décident de la gestion de l’entreprise sans en être propriétaires ! Résultat, des pertes abyssales et un Etat terrorisé qui renfloue les caisses. Impossible de réduire les effectifs et d’aligner les services de la compagnie sur ceux de son concurrent Corsica Ferries sous peine de grèves à répétition déclenchées par la CGT majoritaire ou le STC qui réclame une « corsisation des emplois ». Ces syndicalistes se comportent comme un ramassis de voyous. Des voyous sans limites et dangereux : on voit déjà arriver le jour où les coups de force vont si bien déraper qu’il y aura des morts et les syndicalistes s’auto-déclareront ni responsables, ni coupables.
Les syndicats ont d’emblée refusé la privatisation de la SNCM. La CGT dit vouloir préserver la « continuité territoriale » oubliant que celle-ci est mieux assurée par son concurrent Corsica Ferries qui fait danvatage de navettes entre la Corse et le continent pour des prix plus compétitifs. La CGT voudrait faire croire qu’elle ne fait que défendre les services publics et les usagers alors qu’elle multiplie les grèves sauvages au mépris de passagers piégés à quai et contraints de dormir dans leurs voitures. C’est encore au nom de la défense des services publics que la CGT organise le blocus des ports et aéroports corses et la faillite de l’économie locale. 2400 salariés prennent en réalité en otage des centaines de milliers de personnes pour ne défendre que leurs privilèges salariaux et leurs petits trafics. Les indépendantistes et autonomistes corses, ou plus exactement les bandits et mafieux corses, désireux de participer à la fête, s’en sont mêlés mais le tir de roquette contre la préfecture d’Ajaccio fait si bien partie du folklore local que plus personne n’y fait vraiment attention. L’attentat a finalement été revendiqué dix jours plus tard par le FLNC-Union des combattants qui fait porter la responsabilité du conflit social sur l’Etat. Un « Etat colonial » qu’ils exècrent mais dont ils aimeraient tant qu’il reste l’unique actionnaire de la SNCM ! La France laisse des individus bêtes à pleurer jouer à la petite guerre et se prendre pour le sous-commandant Marcos.
Le gouvernement a une nouvelle fois reculé devant une bande de voyous et de hors-la-loi. Dominique de Villepin a promis que l’Etat resterait dans le capital de la SNCM. Le Premier ministre a également promis que l’entreprise ne serait pas démantelée et qu’il n’y aurait pas de licenciements secs. Le gouvernement « passe l’éponge » sur les exactions commises. Dominique de Villepin a laissé une poignée d’extrêmistes faire la loi et dicter leurs conditions. Ce n’est pas la reprise en main du bateau le Pascal Paoli par un commando du GIGN, ni la cession d’une partie du capital à des investisseurs privés, qui effaceront la défaite de l’Etat de droit. Tout le monde sait parfaitement que les auteurs des délits commis pendant les trois semaines de conflit, ne seront jamais inquiétés. La justice française s’est elle-même déshonorée en relâchant les hommes responsables du détournement du Pascal Paoli. En effet, le juge des libertés et de la détention n'a pas suivi les réquisitions du parquet de Marseille, qui avait réclamé leur incarcération. Que la justice française n’essaie pas de nous faire croire qu’elle est indépendante du pouvoir. Dans cette affaire, la bêtise a été élevée au rang de trésor national.
florence guernalec