Crackers & Economie

 

par florence guernalec

Maintien des taux d’intérêt de la BCE
Un certain goût pour l’immobilisme
publiÉ le 4 mai 2005

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La Banque centrale européenne ne cède pas aux pressions politiques, ce n’est pas une surprise. Le 4 mai dernier, la BCE, a décidé de maintenir son taux directeur à 2% pour le 23 e mois consécutif. Plusieurs pays européens dont l’Italie et l’Allemagne, réclamaient pourtant une baisse des taux d’intérêt afin de relancer leur économie en panne de croissance. Même le directeur général du FMI Rodrigo Rato avait fait un appel du pied à la BCE la veille pour qu’elle assouplisse sa politique monétaire considérant qu’il n’y a pas de risque d’inflation dans la situation actuelle. Lors d’une conférence de presse en marge des réunions annuelles de l’OCDE, Rodrigo Rato s’inquiétait surtout du ralentissement de la croissance dans la zone euro. Dans la conférence de presse du 4 mai, le gouverneur de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet a estimé que les taux d’intérêt sont déjà exceptionnellement bas et qu’ils créent « un environnement extrêmement favorable à la croissance et à la création d’emplois en Europe. » Il y aurait ainsi une sorte de cercle vertueux qui ne semble pourtant pas touché les pays de la zone euro qui ont été contraints de réviser leurs prévisions de croissance pour 2005 à la baisse. Jean-Claude Trichet n’en démord pas : la mission de la BCE, c’est la stabilité des prix et même s’il reconnaît que l’inflation est maîtrisée, il a estimé que des risques existent notamment à cause de la flambée des prix du pétrole. Le gouverneur de la Banque Centrale a insisté : « c’est parce que nous sommes capables d’assurer la stabilité des prix, que nous bénéficions de taux d’intérêt à moyen et long terme bas. »

Aux questions insistantes des journalistes qui s’interrogent sur l’immobilisme de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet répond que la balle est en fait dans le camp des gouvernements qui sont appelés à poursuivre les réformes structurelles et à réduire leur déficit budgétaire. Jean-Claude Trichet ne sait sans doute pas qu’il est plus difficile de faire des réformes et de réduire les déficits quand l’économie est déprimée. Le gouverneur de la BCE ne sait sans doute pas que le pacte de stabilité et de croissance a été justement révisé pour tenir compte de la conjoncture économique. De l’autre côté de l’Atlantique, George W. Bush a entrepris, dès son arrivée au pouvoir en 2001, une politique keynésienne de relance de l’économie par une baisse des impôts et une augmentation des dépenses publiques, la Réservé fédérale américaine (Fed) a accompagné le mouvement en baissant ses taux directeurs, ce qui a permis à l’économie de repartir malgré la fin de la période d’expansion des années 90 et les retombées du 11 septembre 2001. Chacun ses références : d’un côté, la Fed est obsédée par la stimulation de la croissance depuis la crise de 29 et les Etat-Unis ne supportent pas l’idée d’avoir une économie qui stagne ; de l’autre, la BCE est obsédée par la maîtrise de l’inflation depuis les chocs pétroliers des années 70, tout coup de pouce à la croissance et donc à l’emploi, apparaît comme dangereux. Cette intransigeance, Jean-Claude Trichet l’a déjà mise en œuvre lorsqu’il était gouverneur de la Banque de France : nul doute que le grand ordonnateur de la politique du Franc fort est très fier de l’Euro fort et de la perte de compétitivité des entreprises de la zone euro.

florence guernalec


Source :
La conférence de presse de Jean-Claude Trichet du 4 mai 2005

 

 

 

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